La valses des brioches…

 

Y en a qui croient que tout est facile!!!
  C’est bien beau d’avoir du temps!!! encore faut-il savoir quoi en faire: Il faut apprendre à réaliser ses vieux rêves, prendre soin de soi, se faire plaisir, s’accepter pleinement, développer son potentiel qui était en sommeil au boulot, développer et entretenir les relations avec sa famille, ses amis et explorer de nouvelles formes d’activités comme se réveiller à 9 h. sans réveil et faire une sieste. Apprendre la gestion de son temps, le maintien de la vitalité, apprendre à dire non sans se sentir coupable, apprendre ses propres limites, savoir tourner la page, savoir-faire une adaptation financière, savoir rompre avec la routine, un statut, une vie sociale, accepter la solitude que représente la perte de ses collègues, peur du vieillissement, perte d’un milieu stimulent, impossibilité de demander une promotion ni une augmentation, savoir exiger le respect de ceux qui vont au turbin, il s’ensuit une réorganisation totale de la vie!!! Vous qui allez bosser tous les matins, réjouissez-vous, les temps difficiles viendrons plus tard!!!

  C’était un coup de gueule pour rire que j’ai écris il y a quatre ans quand j’ai arrêté de travailler. C’est vrai qu’au début tout m’a paru plus simple, j’avais enfin du temps pour moi. Mais aujourd’hui j’ai soixante ans, âge du transistor et de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et avoir soixante ans c’est entrer dans ce que l’on appelle le « Troisième Âge ».

  Troisième âge ! Le pas a été franchi quand j’ai été invitée au repas des anciens offert en décembre de chaque année par la mairie. Cent cinquante personnes âgées étaient alignées autour de trois longues tables, j’étais la plus jeune hormis les membres du conseil municipal. La doyenne de 102 ans trônait en bout de table, et avec une voix très claire, elle nous a chanté : « On n’a pas tous les jours vingt ans ».
  Après l’excellent repas, l’orchestre (oui, il y avait un orchestre) a entonné quelques tubes des années soixante (encore ce chiffre), la moitié des gambettes dont la plupart devaient supporter une belle brioche, et les voilà parties à danser en rythme quelques tangos, tchatcha, valses, twist et autres Madison….
  L’après midi s’en est allée avec entrain, bonne humeur et à la bonne franquette!.

  Je me suis sentie toute bizarre d’appartenir désormais à cette catégorie, et je réfléchissais à cette troisième partie de vie. Sans doute devrais-je concevoir la vieillesse comme une forme de convalescence, afin de mourir guéri des épreuves que j’ai dû endurer pendant mon existence…

Diary of a madma
  Mourir guéri, c’est mourir consolé d’avoir vécu sa vie.